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HISTOIRE DU MUSÉE

À la mort de Jules Barbey d’Aurevilly en 1889, Louise Read, sa secrétaire, est désignée légataire universelle. Elle hérite de la quasi-totalité du patrimoine de l'écrivain, à l’instar du contenu de l’appartement rue Rousselet à Paris, appartement qu’occupait Jules Barbey d’Aurevilly depuis 1860.

Au début des années 1920, le propriétaire de l'appartement de la rue Rousselet, à Paris donne congé à Louise Read. Elle se trouve dans l'impossibilité de conserver plus longtemps les manuscrits, le mobilier et tous les souvenirs de Jules Barbey d'Aurevilly. Elle s'adresse alors à Pierre Le Marinel, maire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, et en fait don à la ville.

Un musée est constitué en 1925.

Appartement de l'écrivain, 25 rue Rousselet, à Paris.

PREMIER MUSÉE

Ce premier musée, aménagé à l'étage d'un bâtiment qui se trouve dans la basse-cour du château, est confié à Louis Yver qui sera le premier conservateur du musée. Composé de deux pièces, ce musée est conçu comme une maison d'écrivain et reprend l'agencement de l'appartement parisien. ​L'inauguration du musée donne lieu, le 28 juin 1925, à des cérémonies où Henri Bordeaux, représentant de l'Académie Française, célèbre « le Walter Scott normand ».

Configuration du premier Musée Barbey d'Aurevilly

L'année suivante, le 23 avril 1926, les cendres de Jules Barbey d'Aurevilly sont transférées du cimetière Montparnasse au pied du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans un petit cimetière où repose Léon Barbey d'Aurevilly, le frère de Jules Barbey d'Aurevilly.

À l'occasion de ce transfert, une allocution est prononcée par le préfet Ernest Beauguitte.

Le 1er août 1937, une plaque commémorative est apposée sur la façade de la maison natale de Jules Barbey d'Aurevilly, place du Fruitier. L'inauguration de cette plaque se fait en présence de Georges Lecomte, membre de l'Académie française et de Léo Larguier, membre de l'Académie Goncourt.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le baron Jean de Beaulieu, fondateur de la Société Barbey d'Aurevilly, intervient auprès des autorités allemandes pour éviter la fonte du buste de Barbey d'Aurevilly.

Dans les mois qui précédent le débarquement de 1944, le château médiéval devient un lieu d'hébergement pour les prisonniers russes et le musée est réquisitionné par l'occupant. Le maire de l'époque, Ernest Legrand déplace alors les collections du musée dans les combles d'un des immeubles de l'Hospice, bâtiment accolé au donjon et qui ne sera pas épargné par les bombardements. Il ne restera pas grand-chose des collections du musée : le mobilier est broyé, les portraits détruits à l'exception de celui de Mme Théophile Barbey, la mère de l'écrivain, retrouvé intact. Pierre Leberruyer, manifestant très tôt son intérêt pour la cause aurevillienne, sauvera des décombres des valises contenant des livres, des manuscrits et quelques vêtements et petits objets. Ainsi, les deux volumes reliés des lettres autographes de Barbey d'Aurevilly à Louise Read, les copies manuscrites de la correspondance avec Trebutien et des ouvrages portant des dédicaces de la main de Barbey d'Aurevilly sont sauvés de la destruction.

Portrait d'Ernestine Barbey, la mère de Jules Barbey d'Aurevilly, réalisé par Sabatier en 1830.

DEUXIÈME MUSÉE

En 1953, Auguste Cousin, successeur d'Ernest Legrand, forme un Comité en vue de reconstituer un second musée Barbey d'Aurevilly à Saint-Sauveur-le-Vicomte. 

 

Après une interruption de douze années, le musée Barbey d'Aurevilly rouvre ses portes le 22 avril 1956 au sein du logis Robessard. Les souvenirs sauvés du sinistre de 1944 servent de base aux collections présentée sans le deuxième musée.

L'inauguration est présidée par Henri Larrieu, préfet de la Manche en présence d'éminents représentants des Lettres, en particulier de Jacques de Lacretelle de l'Académie française.

« Aujourd'hui, après les dévastations de la guerre, vous tenez à montrer que le souvenir du grand écrivain est encore vivace dans sa ville natale. Vous désirez lui restituer sa place, rassembler ses reliques, prouver qu'une cité qui se redresse et se renouvelle n'est pas, pour autant, oublieuse. Vous affirmez ainsi que la gloire du passé ne doit pas être séparée des promesses de l'avenir et que le culte de la tradition constitue le mortier le plus solide pour édifier des choses neuves. »

À l'occasion de cette inauguration, Louis Beuve déclame une Ode à Barbey d'Aurevilly en patois normand.

À partir de cette époque, apparaît le souci de valoriser le patrimoine touché par les destructions de la guerre. Une attention particulière est portée aux sites aurevilliens et les différents conservateurs qui se succèdent au musée, notamment Roger Marie, Pierre Leberruyer, le commandant Lotte et Joël Dupont, expriment leur volonté d'enrichir les collections du musée. Louis Yver fait ainsi don au musée de quelques pièces encore en sa possession. En 1959, le buste de Barbey d'Aurevilly réalisé par Zacharie Astruc, pièce de collection du Louvre, est mis en dépôt au musée Barbey d'Aurevilly. En 1961, le précieux manuscrit des Disjecta Membra entre au Musée. En 1963, 77 lettres autographes inédites de Barbey d'Aurevilly à Hector de Saint-Maur sont acquises. En 1966, la copie du portrait de Barbey d'Aurevilly réalisé par Emile Lévy et dont l'original est conservé au Musée de Versailles intègre les collections du musée.

MAISON FAMILIALE - ACTUEL MUSÉE

En 1989, lors de la commémoration du Centenaire de la mort de Jules Barbey d'Aurevilly, le musée est transféré. En effet, la maison familiale de l'écrivain est acquise à la fin des années 1980. Le troisième musée ouvre donc ses portes au 1er étage de la maison familiale située au 64 rue Bottin Desylles à Saint-Sauveur-le-Vicomte.

En 2008, à l'occasion du Bicentenaire de la naissance de Jules Barbey d'Aurevilly, le musée double son espace d'exposition en récupérant le rez-de-chaussée de la maison familiale utilisé jusqu'en 2007 par la Communauté de communes. Il est, dès lors, consacré à l'exposition "Barbey contre son temps".  

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