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QUI EST
JULES AMÉDÉE BARBEY D'AUREVILLY ?

LE CONNÉTABLE DES LETTRES

Jules Barbey d’Aurevilly est né le 2 novembre 1808 à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans la demeure de son oncle, située à trois cents mètres de la maison familiale. Il est né le jour des Morts, une caractéristique qu’il l'a beaucoup marquée et qu'il prête à certains personnages de ses romans.  

 

« Je suis réellement né le jour des Morts, à deux heures du matin, par un temps du Diable. Je suis venu comme Romulus s’en alla, - dans une tempête. Comme Fontenelle, je faillis mourir une heure ou deux après ma naissance, mais il y a de bonnes raisons pour que je meure avant cent ans. Il paraît que le cordon ombilical avait été mal noué et que mon sang emportait ma vie dans les couvertures de mon berceau, quand une dame amie de ma mère s’aperçut que je palissais et me sauva non des Eaux comme Moïse, mais du sang, - autre fleuve où j’allais périr. » 

          Lettre à Trebutien du 1er octobre 1851

 

L’enfance de Barbey d'Aurevilly se déroule à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans un milieu profondément conservateur. Son père, Théophile Barbey, est un homme autoritaire et sévère, tandis que sa mère, Ernestine Barbey, se distingue par son intelligence, mais aussi par sa froideur affective. Il grandit aux côtés de ses trois frères, Léon, Édouard et Ernest, avec lesquels il entretient peu d'affinités, à l'exception de Léon. Très tôt, il est imprégné des valeurs catholiques et monarchistes de sa famille.

À l’âge de 9 ans, après avoir été refusé de l'école militaire, il poursuit sa scolarité à Valognes et loge chez son oncle, le docteur Pontas-Duméril. En 1827, il entre au collège Stanislas avant d'entreprendre, deux ans plus tard, des études de droit à la faculté de Caen, conformément aux souhaits de sa famille. À la fin de ses études, il décide de s’installer à Paris où il fréquente les soirées mondaines et cultive son image de dandy. En parallèle, celui-ci rompt tout contact avec sa famille, et ce, jusqu'en 1856. Après une période marquée parades convictions républicaines, puis démocrates, il revient au catholicisme et finit par adhérer à un monarchisme intransigeant, rejetant le progrès et les valeurs d’un siècle bourgeois. 

Sa vie parisienne est caractérisée par l'excès. Confronté à d'importantes difficultés financières, il est contraint de déménager fréquemment. Au début des années 1850, sa rencontre avec la baronne de Bouglon marque un tournant décisif. Il retrouve alors une certaine stabilité et publie plusieurs de ses œuvres majeures : Une vieille maîtresse, Les Prophètes du passé, et L’Ensorcelée. Toutefois, le succès littéraire espéré n'étant pas au rendez-vous, Barbey d'Aurevilly se tourne vers le journalisme, une activité qu'i méprise, mais qui lui assure un revenu régulier. 

En dépit de son départ, Barbey reste très attaché à la terre qui l’a vu naître et grandir. À partir des années 1840, Barbey inscrit ses romans dans un cadre normand, explorant l’histoire, les coutumes ainsi que les patois de son pays natal et s’inspirant des paysages et des lieux de son enfance : Saint-Sauveur-le-Vicomte, Valognes, Barneville-Carteret, Rauville-le-Place, Néhou, Taillepied, Lessay, Tourlaville, etc.

À la fin des années 1850, peu de temps avant la mort de sa mère, l’écrivain renoue avec sa famille et entreprend de nombreux allers-retours entre Paris et le Cotentin. À la mort de son père, en 1868, les possessions de la famille (dont la maison familiale) sont vendues afin d'éponger les dettes qu’il avait contractées de son vivant.

Il continue de rendre visite à son frère Léon et à ses amis les plus proches. Il séjourne un temps en face de la maison familiale, chez les Vindard, puis à Valognes où il loue un pied-à-terre à l'hôtel Grandval-Caligny. Il meurt dans son appartement parisien, le 23 avril 1889 à l’âge de 80 ans. 

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